La résistance en psychanalyse :
Nous pouvons différencier plusieurs formes de résistance :
Exemple :
- l’oubli : on croît souvent que l’on a oublié alors que les moments difficiles que l’on a vécus sont restés en mémoire. L’oubli protège la personne contre tout ce qui pourrait rappeler ces moments dans la vie quotidienne, c’est une protection naturelle qui existe aussi chez l’animal. On peut donc aussi considérer le fait de vouloir échapper à tous ces souvenirs dans l’analyse, comme une forme de résistance.
Revenons à la première forme de résistance :
· Elle est directement liée au silence du psychanalyste. Le silence du psychanalyste n’est évidemment important que dans l’écoute. En effet il n’est pas possible d’écouter et de parler en même temps. Par contre, il est certain que mieux vaut se taire que de vouloir amener ses propres réponses aux auto-questions que se pose le patient qui est d’ailleurs sûre d’en détenir lui même la clef mais pas encore la serrure correspondante. La plupart des psychanalystes résistent à tout ce qui pourrait les faire dévier de leur méthode. Ce n’est pas un manque d’ouverture mais plutôt une protection personnelle donc un manque d’assurance en leur propre analyse. Ce n’est pourtant pas honteux quand on sait que l’analyse pour un psychanalyste, ne se termine jamais. Le psychanalyste ne peut ignorer qu’il se doit de répondre le plus sincèrement possible aux questions les plus intimes qui peuvent lui être posées. C’est une des conditions élémentaires pour que la confiance s’établisse entre le patient est lui-même, malgré le fait que le patient n’est pas tenu au secret de la profession. Tout ceci contribue à faire tomber la résistance du patient et ainsi réduire le nombre des séances et un meilleur résultat final.( ici intervient aussi le rôle de l’argent dans la cure, rôle que trop souvent on veut faire porter uniquement au patient, peut-être pour déculpabiliser le psychanalyste dans sa demande ; c’est un autre sujet !)
· La deuxième forme : comme nous venons de le constater, la résistance du patient est proportionnelle au manque de confiance envers le psy censé pouvoir tout entendre. Pouvoir tout entendre est loin d’être suffisant pour que l’autre puisse tout dire, sinon, pourquoi ne pas choisir un mur pour parler !(ça serait plus facile et plus économique).
Que cherche le patient qui pousse la porte d’un psychanalyste si ce n’est une personne avec qui il pourra confier et étudier l’origine de ces peurs ses angoisses, ses incertitudes, ses comportements, ses difficultés en général, personne qu’il n’a jamais rencontré dans sa vie. Confier – confiance – confident ! Si le psychanalyste se contente d’être la décharge où chacun peut y déverser ses poubelles, il est certain qu’il puisse dans ce cas, penser que la personne à le devoir d’y coller le billet compensateur pour qu’ensuite elle évite d’en refaire ou qu’elle trouve d’autres poubelles pour y vider ses ordures gratuitement. Dans ce cas, il ne sait pas que celui qui a « ramassé », bien souvent sachant ce que ça coûte (non pas en monnaie) ne peut pas infliger à autrui ce qu’on lui a fait subir (y compris à son psy).
Un psychanalyste par expérience, n’est pas s’en savoir que la situation dans laquelle se trouve la personne qui fait appel à ses compétences, est le résultat de son vécu dans sa totalité et que lui-même, avec ce vécu, il serait à quelques différences près dans la même situation. Cette pensée, quand elle existe, transparaît dans les séances et réduit aussi, considérablement les résistances. Résistances = perte de temps ! Tout ce qui contribue à les diminuer ne peut qu’être bénéfique aux résultats de l’analyse.
Le monde de la psy en général, de la psychanalyse en particulier, s’enferme dans un cocon qui les maintient hors d’atteinte des critiques sur les résultats, laissant planer chez les patients le doute qu’ils sont incurables faute de ne pas avoir fait l’effort suffisant pour comprendre ce que le psy laisse à penser que lui, a compris. Son silence soit disant indispensable, lui évite de répondre à des questions embarrassantes car bien souvent, il n’a pas les réponses.
Ceci me rappelle ce qu’un livreur m’a glissé à l’oreille en posant devant moi sa charge : « la psy !...c’est de la branlette mentale ». Ayant eu l’occasion d’assister à plusieurs grands débats et parcouru les forums sur Internet, je n’ai pas trouvé suffisamment d’arguments pour lui prouver le contraire. Comment dans ces conditions, ne pas résister à vouloir parler sans tenter d’analyser la capacité du psy à pouvoir entendre ce qu’on aimerait pouvoir dire ? Pourquoi le psy résiste-t-il à cette possible analyse ?
C’est le devoir du psychanalyste de mettre tout en œuvre pour faire tomber la résistance qui existe de part et d’autre au cours des séances et non celui du patient (qui est déjà très patient)