Alzheimer : analyse   psycho-soutien.com

 

On appelle « maladie d’Alzheimer » du nom du psychiâtre, neurologue Allemand, connu pour la description qu’il en a fait,  la dégénérescence de la personne atteinte des troubles de fonctionnement de la mémoire.

 troubles de la mémoire - perte de mémoire

Chaque instant de notre vie est organisé avant tout, en fonction de ce que nous avons en mémoire. C’est indéniable, nos recherches psychanalytiques ne cessent de le confirmer. Chaque jour, aussi, nous mémorisons les données compatibles avec celles que nous possédons déjà. Les autres ne se fixent pas si elles sont considérées inutiles, voir perturbatrices dans la manière de vivre dans des repères si difficilement acquis dans un monde en perpétuel changement (principale cause de la recrudescence de cette maladie chez nos anciens).

à quoi bon réflèchir ?

   Nous sommes en 2007, les personnes atteintes de cette maladie sont nées principalement avant 1940 et sont donc en retraite aujourd’hui. Les tâches quotidiennes obligatoires ont bien changées. Le jardin à disparu, le lavoir, la vaisselle, la corvée de bois, les balais, les relations de travail, les retrouvailles au marché, l’utilité dans la vie familiale, l’utilité en général, tout ça n’existe plus. Pour se donner bonne conscience, on les à collés dans un fauteuil, scotchés à l’écran où rien pour elles mêmes, n’est intéressant à retenir et à discuter, d’ailleurs, qui écouterait ? Rabrouements : « de ton temps !, de ton temps ! Ce n’est plus comme ça maintenant ! ». Si « à quoi bon réfléchir » est déjà difficile à accepter, « être obliger à oublier », c’est pire, l’un arrête, l’autre refoule.

que sera demain?

   Il arrive un moment où pour eux demain sera aussi vide qu’aujourd’hui, mieux vaut s’occuper à se remémorer les souvenirs anciens. Cette direction est très dangereuse, dans la mémoire ouverte sur le passé, la personne revit les émotions de l’instant qui apparaît. Les bons souvenirs sont les premiers accessibles ce qui explique les moments euphoriques, la personne n’est plus entièrement présente, c’est comme si une part de son regard et de son attention, était dirigée sur une scène intérieure, scène qui d’ailleurs, prendra de plus en plus de place, réduisant peu à peu la vue sur l’extérieur.

 

premiers signes de la maladie d'Alzheimer

   Ces premiers signes anodins, souvent, amusent plus qu’ils n’inquiètent l’entourage, ça fait toujours plaisir de constater à nouveau des signes  expressifs chez une personne qui semblait se refermer sur elle-même. C’est là, manquer la meilleure occasion de renouer un dialogue enrichissant pour chacun et redonner par l’écoute attentive et intéressée une place respectueuse et importante à la personne concernée. Au lieu de ça, s’installe une fausse compassion qui encourage la personne à se maintenir dans ce processus puisque enfin, elle interpelle par son comportement.

   Tout se passe comme si la personne n’utilisait plus ses sens pour vivre avec son entourage (émotions, expressions, langage, écoute, sensations, etc.) mais qu’elle  continuait plutôt, à vivre cet ensemble en utilisant ce qu’elle a en mémoire##. Ceci expliquerait l’atrophie du volume et du poids du cerveau constatée chez les personnes atteintes de cette maladie. Nous savons par expérience que ce qui est au physique est aussi au psychique et vice versa. Les éléments utiles à une fonction  s’atrophient quand celle-ci n’est plus employée, tout comme les muscles  d’un membre mis sous plâtre, diminuent en volume, en poids et en puissance. Dans la maladie c’est la gestion de la fonction  des sens qui n’est plus active.

   Si la rééducation existe pour un membre, il doit bien exister une forme de rééducation pour le cerveau, après l’arrêt bien sûr, du processus responsable de la maladie.

 

psychanalyse de la maladie d'Alzheimer

   ## : Nous insistons sur le fait qu’en psychanalyse, dans la recherche en mémoire des événements vécus mais refoulés, dans l’instant même où on les découvre, on fait plus que de s’y voir, on s’y retrouve, on n’est plus que là, à l’âge qu’on avait, avec les personnes, le décor, les sensations et surtout les émotions qui en ont fait partie. D’ailleurs, la crainte pour celui qui vit ce genre d’expérience, est d’y rester bloqué et de ne plus pouvoir revenir à la réalité. Ceci ressemble étrangement à ce que vit une personne atteinte de cette maladie quand son entourage la découvre dans des situations  qu’on ne peut qu’accepter d’un enfant en bas âge.

  Sachant ceci, il faut se garder d’incriminer l’entourage et surtout de le suspecter présent dans la scène qui se déroule devant les yeux du praticien. Il faut éviter d’ajouter  la suspicion à la douleur de ceux qui vivent au quotidien, la maladie d’un proche.

 

premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer

   Dés les premiers symptômes, l’entourage doit analyser  la période qui les a précédés pour en trouver les déclencheurs, il y en a toujours ! IL est conseillé de se faire aider par des personnes compétentes en la matière sans jamais en exclure la personne concernée. Elle est la mieux placée pour en parler, pour autant qu’on veuille bien l’écouter. Il est très difficile de savoir écouter sans parler à vouloir dédramatiser, expliquer, tout justifier et pire : juger.

   Les causes sont souvent multiples. Il est des âges où il devient impossible de remettre en question tout ou grande partie de ce qui a été les raisons mêmes de sa vie. Pire encore quand à ces raisons annihilées, réduites à une vulgaire maladie du comportement, d’un autre temps, d’une autre époque, devenues aujourd’hui inutiles, s’ajoute l’obligation de vivre autrement, d’oublier ce qui était et d’ingurgiter ce qui s’impose.

 

l'avenir de la société

   En chacun de nous existent une part des activités réservée a soi-même et une part réservée à la société qui nous entoure pour le présent et pour l’avenir. La part du malade, destinée à l’avenir de la société est carrément jetée à la poubelle (tout comme cette étude peut-être !), l’autre, elle n’a plus lieu d’exister car, en contrepartie, tout lui est offert pour qu’elle n’aie qu’à uniquement subsister, pour la bonne conscience de chacun.

   Poussez-vous les vieux ! Allez vous asseoir sur la chaise, là au fond de la pièce, vous n’êtes plus dans le coup, ne bougez pas quelqu’un s’occupera de vous, on a aussi prévu ça. Sympa non ? On oublie trop vite que là où on est aujourd’hui, on le doit uniquement au travail qu’ont fait nos anciens, que derrière la plus petite frite que nous mangeons, il y a une longue histoire, qu’elle ne tombe pas du ciel dans notre assiette, pire, que la plupart de nous, ne saurait cultiver une pomme de terre. En fin de compte, qui le premier est atteint de la maladie d’Alzheimer ? La personne où la société ?

 

l'utilité de la maladie d'Alzheimer

   Comme rien n’est jamais inutile, où est l’utilité de la maladie si ce n’est d’interpeller la société sur sa propre maladie ! Dans ce cas, le sacrifice de la personne atteinte,  serait  la dernière participation utile offerte au bien être future de cette société tout en préservant sa dignité personnelle. C’est bien là l’utilité de toutes des maladies, mais c’est un autre sujet qui serait trop long à développer ici.

A toi, Odette la petite mère victime de la maladie d'Alzeimer.

   Ne nous y trompons pas, quand un ancien accepte de se faire soigner malgré cela, c’est que, malade, inconsciemment, il se sent de nouveau utile en offrant un travail rémunéré aux soignants qui l’entourent ainsi qu’une activité une solidarité (ici imposée)  et une réflexion enfin humaine à son proche entourage.

Et toi, papa, son compagnon  , le pensais-tu réellement ?

Ou si c’était juste des paroles de réconfort pour donner un sens à ces conditions d’existence.

de souffrance psychique et physique.

 A mon père :

Suite à l’injection du produit iodé de contraste nécessaire à l’arthrographie de ton épaule droite , réalisée au service de radiologie du centre hospitalier de…,

tu as été victime d’un accident cardio-respiratoire majeur, que le choc anaphylactique responsable de l’accident anoxique cérébrale  a  déclenché  un coma et de graves séquelles neurologiques dominées par un syndrome de myoclonie de Lance Adams….

Le centre hospitalier connaissait les risques d’allergie auxquels tu pouvais être exposé dans le cas d’utilisation d’un produit de contraste iodé , il n’a pas pris connaissance des antécédents médicaux figurant dans le dossier médical (volatilisé le dossier !) et n’a pas pris toutes les précautions habituelles utiles…